Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a interdit, vendredi 30 mai, aux sites Internet Unibet et Expekt d’organiser des paris en ligne sur le tournoi de tennis de Roland-Garros, les condamnant respectivement Ă verser 500 000 euros et 300 000 euros de dommages et intĂ©rĂŞts Ă la FĂ©dĂ©ration française de tennis (FFT), organisatrice du tournoi .
Dans deux jugements distincts, la 3e chambre civile du TGI de Paris a considĂ©rĂ© que ces deux sites “portaient atteinte au monopole d’exploitation confĂ©rĂ© Ă la FĂ©dĂ©ration française de tennis”, et estime que les deux sites se sont rendus coupables de “parasitisme”, en cela qu’ils profitent de la rĂ©putation du tournoi. Par ailleurs, ils ont interdit aux deux sites “la poursuite de ces agissements sous astreinte de 25 000 euros par jour de retard”. Les deux sites feront appel de cette condamnation, a indiquĂ© l’Association europĂ©enne des jeux et des paris (EGBA) dans un communiquĂ©.
La FĂ©dĂ©ration française avait pris la dĂ©cision, en dĂ©but d’annĂ©e, d’assigner en justice ces deux sites hĂ©bergĂ©s Ă l’Ă©tranger, après avoir observĂ©, Ă l’occasion de l’Open de Paris-Bercy, l’ampleur prise par le phĂ©nomène des paris : le tournoi dont le chiffre d’affaires se monte Ă 10 millions d’euros, a gĂ©nĂ©rĂ© Ă lui seul entre 500 millions et 1 milliard d’euros de paris. Une autre procĂ©dure avait Ă©tĂ© lancĂ©e auprès de la justice belge, mais la FFT a Ă©tĂ© dĂ©boutĂ©e la semaine dernière.
“UNE MENACE SUR L’INTÉGRITÉ DE NOTRE SPORT”
Le dĂ©veloppement rapide des paris en ligne – une Ă©tude de Meryll Lynch estime que ce marchĂ© pourrait peser 100 milliards de dollars en 2015 – fait peser des risques croissants de corruption sur la discipline. “Plus il y a de paris, plus l’exposition au risque croĂ®t. MĂŞme s’il n’y a pas de cas, il y a dĂ©jĂ suspicion et atteinte Ă l’image des Ă©preuves”, expliquait le directeur gĂ©nĂ©ral de la FFT, François Vilotte.
Le joueur marocain Younes El-Aynaoui avait ainsi racontĂ© au Monde (datĂ© du 1er novembre 2007) comment il s’Ă©tait vu proposer 25 000 euros quelques mois auparavant pour se “coucher” face Ă un adversaire. Des suspicions très fortes pèsent notamment sur le Russe NikolaĂŻ Davydenko, et l’ATP a ouvert une enquĂŞte. Le phĂ©nomène inquiète dans le milieu du tennis. Lors d’une rĂ©union en octobre dernier, les principales instances du tennis mondial avaient dĂ©clarĂ© que “bien que nous ne pensions pas que notre sport ait un problème de corruption, nous reconnaissons qu’une menace sur son intĂ©gritĂ© existe”.
Source : Le monde




