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Lettre d'information 

Un rapport de l’ancien ministre Bruno Durieux publiĂ© jeudi recommande au gouvernement une ouverture «prudente et progressive» du marchĂ© français des jeux d’argent et de hasard en ligne dix mois après la mise en demeure de la Commission europĂ©enne Ă  la France d’ouvrir son monopole.

Les propositions du rapport Durieux sont «en cours d’examen par le gouvernement», a prĂ©cisĂ© Matignon. La France s’Ă©tait engagĂ©e Ă  donner fin mars une rĂ©ponse Ă  la Commission.

«Le jeu en ligne», écrit M. Durieux, «est devenu une réalité économique qui se développe en France dans un cadre essentiellement illégal, 75 % du produit brut des jeux (PJB, différence entre mises et gains) étant réalisé par des opérateurs non autorisés».

Ce rapport de 37 pages, rĂ©digĂ© Ă  la demande du Premier ministre François Fillon, relève que cette ouverture Ă  la concurrence «peut ĂŞtre plus ou moins large selon le type de jeux autorisĂ©s». Il dĂ©taille trois «scĂ©narios» d’ouverture : uniquement les paris sportifs et hippiques, conformĂ©ment Ă  «l’avis motivé» de la Commission europĂ©enne de juin 2007; les paris sportifs et les «jeux de cercle» (poker) en ligne; l’ensemble des jeux Ă  l’exception des loteries (Euro Millions, Loto).

Bruno Durieux, inspecteur gĂ©nĂ©ral des finances, prĂ©conise pourtant dès maintenant d’Ă©carter une «lĂ©galisation des machines Ă  sous en ligne sur internet ou »dans des endroits facilement accessibles«. Le rapporteur a interrogĂ© quelque 170 personnes : ministres français, responsables Ă©tatiques Ă©trangers du secteur des jeux, hauts fonctionnaires des ministères directement concernĂ©s (Finances, IntĂ©rieur, Agriculture, Budget), responsables des trois grands opĂ©rateurs français de jeux (Française des Jeux, PMU, casinotiers), d’opĂ©rateurs Ă©trangers de jeu en ligne, et personnalitĂ©s, comme le chanteur Patrick Bruel, champion du monde de poker.

Pour la rĂ©gulation du marchĂ©, le rapport suggère »un système de licence reposant sur un cahier des charges«, dĂ©livrĂ©e par une instance de rĂ©gulation unique, pour »assurer un haut niveau de protection de l’ordre public« (blanchiment) et de »l’ordre social« (phĂ©nomènes d’addiction au jeu). Dans un rapport sur l’avenir des jeux en France de novembre 2006, le sĂ©nateur UMP François Trucy prĂ´nait dĂ©jĂ  (UMP, Var) la crĂ©ation d’une autoritĂ© indĂ©pendante rĂ©gulatrice des jeux, les trois grands opĂ©rateurs Ă©tant actuellement placĂ©s sous la tutelle de trois ministères.

Par ailleurs, M. Durieux Ă©carte le principe de »reconnaissance mutuelle«. Les opĂ©rateurs de l’Union europĂ©enne devront ainsi impĂ©rativement obtenir une licence française pour pouvoir s’installer. Enfin, le rapporteur souligne que »compte tenu du cahier des charges, l’offre lĂ©gale pourrait se rĂ©vĂ©ler moins attractive en France« et »qu’il est donc fondamental de mettre en ouvre des dispositifs contre les opĂ©rateurs illĂ©gaux«.

En 2007, les trois opĂ©rateurs français ont enregistrĂ© une recette de 20,947 milliards d’euros : 9,306 milliards pour la Française des Jeux; 8,841 milliards pour le PMU; 2,8 milliards de produit brut des jeux dans les 197 casinos et leurs 21.000 machines Ă  sous.

Six milliards d’euros sont tombĂ©s dans les caisses de Bercy en 2007 (prĂ©lèvements divers, taxes, impĂ´ts). Sans compter le financement de la filière hippique (67.000 emplois) par le PMU et celui du tiers du budget public des Ă©quipements sportifs par la FDJ.

Source: Leparisien.fr