
Le mois de mars n’est pas encore terminé, mais il est déjà celui de Lionel Messi. Avec 10 buts en cinq matches, la moyenne est simple à faire : le petit Argentin émarge à deux buts par rencontre. Depuis le coup d’envoi de la Liga, le total de Messi se monte à 25 buts en 25 rencontres. Un but par match, sans donner l’impression de forcer. C’est que tout paraît simple avec le génie du Barça. Mais tout paraît illisible pour les défenseurs adverses dès que le joueur de 22 ans se saisit du ballon. La cadence menée par l’Argentin étourdit alors ses gardes du corps, comme ceux de Saragosse qui l’ont regardé dimanche s’emparer du ballon près du rond central, avant de servir de plots pour un slalom victorieux dévalé à grande vitesse.
D’autres chiffres pour mesurer le talent de la Pulga (la puce) : dans son remake du but de Maradona face à l’Angleterre, réalisé en 2007 face à Getafe, son mètre soixante-neuf parcourt 58 mètres en 11 secondes, élimine cinq adversaires et après 13 touches de balle dépose le ballon au fond des filets. Le plus jeune buteur de l’histoire du Barça, en 2004, à 17 ans, cumule records et titres. Déjà deux Ligue des champions, trois Liga, et un titre de meilleur buteur de la C1 en 2009. «Messi semble incapable de briser une assiette mais quand il reçoit le ballon, tout est chamboulé» avait estimé, Jorge Valdano, ex coéquipier de Maradona en sélection argentine, et directeur sportif du Real Madrid.
Pas impérial avec l’Argentine
La sélection, c’est d’ailleurs la seule épine dans le pied gauche magique de Leo. Arrivé en Catalogne à 13 ans, Messi n’a toujours pas convaincu les Argentins de son affection pour le maillot ciel et blanc. Alors, pourquoi la greffe ne prend-elle pas entre l’albiceleste et un joueur qui a du s’exiler en Espagne pour bénéficier d’un onéreux traitement médical pour accélérer sa croissance ? Plus qu’un manque d’amour pour son pays, la pression qui pèse sur un joueur attendu comme le Messie pourrait être en cause, mais surtout un manque d’automatismes avec ses coéquipiers dans une sélection qui n’a toujours pas trouvé son identité de jeu depuis l’arrivée de Diego Maradona à sa tête.
Le manque de réussite du Barcelonais avec l’abiceleste avait même provoqué des commentaires acerbes de son sélectionneur, qui le jugeait trop «individualiste.» Mais Diego s’est ravisé à quelques semaines d’une Coupe du Monde ou le salut de l’Argentine passera par la réussite de son génie. «Il mûrit à grands pas» a déclaré Maradona, parfois suspecté de jalouser la réussite de Messi, le seul joueur capable de se hisser à la hauteur de la légende du «Pibe de Oro». «Qu’il y ait un nouvel espoir après Diego, ça n’a pas de prix» était le slogan d’une campagne de publicité argentine pour une carte bancaire, qui mettait en scène le Barcelonais. Alors, la Coupe du Monde sera t-elle l’occasion pour Messi d’imiter son sélectionneur, sacré en 1986 ? Et de continuer à faire oublier que sans un ballon dans les pieds, personne ne ferait attention au discret Leo.
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